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4-public  You acted the way the world wanted you to.

par Eric , lundi 12 avril 2010 à 17:48 :: Raconter... :: imprimer précédent suivant

Pensées...

Je viens d’entendre une réplique qui m’a pas mal touché. Elle parle d’oppression, d’homophobie intégrée, de conditionnement dans nos (mes !) comportements.

La scène se déroule entre deux hommes d’une quarantaine d’années. Quand ils avaient une quinzaine d’années, Aaron a tenté d’embrasser Kevin. Ce dernier s’est "défendu" et a frappé. Aaron est tombé. Quelques heures avant cette scène, Kevin a découvert que l’autre était resté paralysé du fait d’une chute au cours de leur bagarre. Il a retrouvé Aaron. Ce dernier, dans son fauteuil, lui dit :

What happened... happened !
The fact that two boys could’nt share a kiss and feel all the normal things you’re supposed to feel at that age, that was not your fault. You were just acting the way the world wanted you to. I made peace with that. And you need to do the same. But not here. Not with me.

Ce qui donne en français : "Ce qui s’est passé... s’est passé. Deux garçons ne pouvaient pas s’embrasser et ressentir toutes les choses normales qu’on est censé sentir à cet âge-là, et cela, ce n’est pas ta faute. Tu agissais juste d’une façon que le monde attendait de ta part. J’ai fait la paix avec ça. Et tu as besoin de la faire aussi. Mais pas ici, pas avec moi".

Cette phrase est super forte pour moi.

Elle parle de nos comportements induits : Kevin était gay, il désirait embrasser Aaron, mais cette attirance même était insupportable. Il était, d’une certaine façon, plus simple d’obéir aux injonctions sociétales, et de frapper ce qu’il désirait.

Cette colère contre son propre désir, cette rage contre celui qui réveille ce désir me parle d’homophobie intégrée : il déteste le gay qui est en lui.

Mais au delà de ça, je me rends compte que cette phrase m’invite à revisiter nos actes d’adolescents, nos (in)consciences de la portée de nos "décisions", nos occultations des tenants et des aboutissants de ce qui nous structure. Elle m’invite à revisiter les histoires du passé, les culpabilités mal placées et les histoires qui condamnent si facilement, si unilatéralement...

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