Visiteur non identifié. Spherick
« La plupart des gens meurent à 30 ans puis attendent pendant 40 ans qu’on les enterre »Olivier Lockert, Core Gem
Jan
Fév
Mar
Avr
Mai
Jui
Jui
Aou
Sep
Oct
Nov
Déc
Accueil > Blog Eric > Psychomagie > La douance > L’adulte surdoué > Lâcher le contrôle

Public  Lâcher le contrôle

Et libérer les mots

mercredi 15 juillet 2009, lu 1283 fois

Lundi, je rangeais mon bureau.

Il y a avait plusieurs choses, dessus, parmi lesquelles une petite carte rose marquée "Fête du Cinéma" et une pochette de CD, "La Semaine du Disque", une compil de 1992 (ciel !).

En voyant la carte rose, je me suis dit que j’avais oublié de dire à Marc que je l’avais retrouvée. Mais en même temps, je voulais ranger ce CD. Le prendre en main a réveillé plein de souvenirs. En une seconde, je me suis revu sur la route de Genève, les dimanche soirs de 1991-92, écoutant quelques morceaux fétiches, dont ce disque.

L’émotion me parlait, et j’ai senti que je restais attaché à ces chansons.

Je me suis approché de Marc, et je lui ai dit en montrant la carte rose : "t’as vu, j’ai retrouvé ma carte de la fête de la musique !"

Il m’a regardé un peu surpris : "tu veux dire la fête du cinéma ?"

Grrrr, oui, la fête du Cinéma... Je m’en suis voulu de cette confusion supplémentaire. Depuis le mois de juin, ça n’arrête pas. Je dis un mot pour un autre, sans arrêt, des dizaines de fois par jour. Je me concentre très fort pour éviter ça, je vérifie mes phrases, je les répète dans ma tête avant de les lâcher, mais dès que j’oublie, paf ! les mots viennent se mêler dans le désordre.

Je suis en colère et j’ai peur. J’ai presque l’impression d’être en pleine confusion mentale. Je deviens gâteux ? sénile ?

Mais cette fois, j’ai été un tout petit peu plus loin : j’avais le Cd dans une main, la carte rose dans l’autre. Et j’ai pensé "tient, juste avant de dire ça, je pensais à la fois à la musique du CD et à la carte du cinéma".

J’ai retrouvé en moi le court-circuit des mots : la carte de la fête du cinéma, le CD dont j’aime la musique...

Je me suis revu. Loin dans le passé. J’avais 7 ans, 8 peut-être.

J’entends une voix qui me dit (m’ordonne sèchement) de faire attention à ce que je dis, de me con-cen-trer.

J’ai retrouvé mon émotion, ma honte de cet instant : j’étais traité comme un débile pas capable de faire une phrase correcte alors que c’était juste les idées qui se bousculaient.

Je me suis revu, décider volontairement et fermement que cela ne se reproduirait pas, que personne ne me referait subir pareille humiliation. Je me revois "me faire quelque chose" à l’intérieur.

Me ralentir ? Mettre un contrôle ? Mettre une barrière devant les phrases pour les vérifier avant qu’elles sortent ? Un peu de tout ça, sans doute...

Et je me vois en ce moment enlever ce contrôle. La barbe, les contrôles. La barbe, l’énergie dépensée pour rien à vérifier que chaque mot sera le bon, bien dit, bien conjugué, bien accordé, pour oser le sortir.

Si je fais des fautes, quelle importance au fond ? Vaut-il mieux une bonne orthographe et une grande contention ou une sale syntaxe et une grande liberté ? Moi je choisis la liberté !

Alors, si votre choucroute vous fait mal au pied, je vous propose de manger vos sandales, vous serez moins enfermés, et vous digérerez plus tranquillement !!!!!

Vous pouvez noter cet article, lu 1283 fois
0 vote


4 Messages

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.