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« Les mots doivent être un peu violents, car ils sont les assauts de la pensée sur les gens qui ne réfléchissent pas. »John Maynard Keynes, économiste, New Statesman and Nation, 15/07/1933
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Public  Non.

Un non si simple, juste un non.

jeudi 31 mars 2011, lu 90 fois

Mon téléphone portable sonne, en numéro masqué.

Je réponds.

- Une femme : "bonjour, Monsieur"...
- "Bonjour"

Cafouillis au téléphone, elle raccroche.

Puis rappelle...

- Allô
- Bonjour
- Bonjour monsieur
- ... (j’attends)
- Est-ce que je pourrais parler à votre femme ?
- non
- ... (long silence)
- bien, merci monsieur, désolée pour le dérangement
- je vous en prie

On raccroche.

Ben oui, c’était juste un non. Je n’avais aucune envie de justifier de quoi que ce soit, et encore moins d’inventer une histoire. Je me suis senti assez tendu, en fait : elle allait être blessée, se vexer, m’engueuler, je sais pas trop quoi d’autre... Mais au fond, j’avais fait ce qui était juste pour moi. Si elle veut parler à "ma femme", pourquoi elle appelle sur MON portable ? En plus, c’est quand même dingue, ça, tous ces gens qui partent du principe qu’on a une femme ! On n’a pas le droit d’être célibataire ni pédé, ils font chier, merde.

Et finalement, ce non était bien la réponse la plus simple et la plus juste à tous ses implicites.

Ça me rappelle un autre coup d’il y a pas très longtemps. On a très souvent des démarcheurs téléphoniques qui nous appellent pour des propositions pour diminuer nos impôts, prendre une assurance vie, participer à un repas réservé aux retraités (grrrrr)...

Bref, la ligne téléphonique étant au nom de Marc, ils s’attendent à tomber soit sur lui soit sur sa femme... Ambiance, vu que c’est toujours moi qui réponds sur le fice ! Du coup, la discussion habituelle donnait quelque chose comme ça :

- Allô
- Oui, bonjour ! Monsieur X ?
- Ah non, ce n’est pas lui, mais vous êtes bien chez lui.
- Ah ! (silence) Est-ce que je peux parler à monsieur X ?
- Non, il n’est pas là pour l’instant
- D’accord, je rappellerai, alors (pas la peine cocotte, c’est quand même moi qui décrocherai et je dirai encore qu’il est pas là tant que je saurai pas pourquoi t’appelles)
- Bah, vous savez, c’est encore moi qui répondrai... C’était à quel sujet ?
- Euh.... Non, je rappellerai

Bref, j’hésitais à dire qu’on vit ensemble, pour ne pas engluer Marc dans une fausse relation de couple inexistante.

J’ai fini par lui en parler quand j’ai compris que je me prenais la tête. On s’est mis d’accord... Maintenant, les conversations sont vachement plus simples (et de moins en moins nombreuses, bizarrement) :

- Allô
- Oui, bonjour ! Monsieur X ?
- Non, c’est son mari
- (étouffements / massage cardiaque / réanimation en face) Euh-je-vous-souhaite-une-bonne-journée-au-revoir

Essayez, vous verrez : qu’est-ce qu’on gagne en tranquillité

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