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« C’est comme ces vingt-deux mecs qui courent après un ballon, alors que je suis sûr que ce ne serait pas si cher que ça de leur filer vingt-deux ballons. Un chacun. Comme ça, au moins, ils foutraient la paix. »Jean Yann, J'me marre, 2003
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Public  It’s never too late to be who you might have been

Je crois que cette phrase s’éclaircit ce soir...

lundi 16 mai 2011, lu 131 fois

It’s never too late to be who you might have been (il n’est jamais trop tard pour être celui que vous auriez pu être). Ce célèbre mot est attribué à George Eliot, écrivain anglais (1819 - 1880). Il semble y avoir une double ironie : d’abord, personne ne cite précisément de quel ouvrage cette phrase aurait été tirée. Et ensuite, Georges Eliot était le pseudonyme de Mary Anne Evans, une femme qui se dissimula derrière un nom de plume masculin pour être prise au sérieux et préserver sa tranquillité....

Mais bon, cette phrase m’a touché.

Il n’est jamais trop tard pour être celui que vous auriez pu être.

Ce soir, d’un coup, j’ai compris d’où venait l’une de mes réticences à accepter toutes les "pleines consciences", les "auto-centrages", les "espaces dédiés à son enfant blessé" etc... Depuis un moment, j’avais identifié que je refusais ça, que je résistais. Sans savoir ni pourquoi ni comment.

Et soudain, ça s’est éclaircit : quand je me centre sur "moi", il me manque une part de "moi". J’ai retrouvé depuis longtemps et sous hypnose légère le souvenir (vrai ou pas, mais en tout cas très fort en moi) d’un jumeau disparu précocement au cours de notre vie fœtale commune. Je me suis senti, revu, à travers chaque fibre de mon ventre, sentir sa présence, ses mouvements, entendre son cœur, puis traverser l’éloignement, l’absence, le manque. L’incompréhensible manque, l’incompréhensible, inattendue, inconcevable solitude.

Personne ne pourra jamais prouver ni que ce jumeau a vraiment existé ni qu’il n’est qu’une invention de ma part. Ma question n’est pas là. Qu’il ait ou non vécu, je me sens structuré comme s’il avait été là, un temps, avec moi. Comme si à un moment, très tôt dans ma vie, j’avais connu la plénitude d’un contact parfait, osmotique, télépathique, avec quelqu’un. Depuis quelques mois, je me suis vu le chercher, inconsciemment, dans mes rencontres, chercher à retrouver ce partage absolu. Je me suis vu prendre conscience que je manquais de lui. J’ai cru que j’en avais fait le tour...

Mais il est revient. Hello, Bro. Il revient à un endroit inattendu pour moi. Quand on me propose d’accueillir mon enfant blessé, quand on me propose de retrouver en moi un espace de conscience avec moi, j’avais jamais imaginé qu’une partie de lui avait sa place ici aussi. C’est ça que j’ai senti ce soir : il me manquait cette part de moi qui est fusionnée à lui depuis si longtemps. C’est une image étrange de penser "j’accueille qui je suis" et de voir dans ce "qui je suis" une part qui est un autre. Pas un autre au sens d’un pote, d’un mari, d’un amant, ou je ne sais quoi, un autre dans un sens plus intime sur un plan et plus distant sur d’autres plans. Cette part de moi inextricablement liée à lui se déchire de moi si je ne l’accueille pas avec tout le reste, et je résiste contre la déchirure, je résiste contre l’accueil qui me déchire.

Si je m’imagine moi + un bout "mélangé de lui et moi" je ne sens plus cette résistance...

C’est bien bizarre à vivre et sans doute plus encore à lire, mais peut-être qu’il est temps que j’accepte de devenir qui j’aurais pu être : une part du miroir infini de deux jumeaux se faisant face.

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