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Public  Droit à l’avortement

et droit de l’enfant

mardi 21 janvier 2014, lu 5190 fois

Quelques poignées d’opposants à l’IVG exultent de la loi potentiellement modifiée en Espagne et appellent à en faire autant ici.

Eh bien non.

Qu’ils croient en la vie dès la conception, c’est leur droit (et je partage cette croyance, d’ailleurs : dès la fusion des gamètes, c’est un être nouveau qui existe à mon sens, capable de croitre et de multiplier).

Qu’ils croient en la sacralité de la vie dès la conception, c’est aussi leur droit (et là je partage pas... On tue des milliers de gens pour économiser trois sous en les empoisonnant à coups d’OGM, de pesticides, de produits chimiques, de gaz militaires et de nucléaire à tout crin puis on vient nous chier une pendule pour deux cellules fusionnées... Faut pas pousser la connerie trop loin quand même ! Et j’ai pas commencé à parler des dauphins qu’on massacre pour 3 francs 6 sous, des abeilles qu’on condamne parce qu’on s’en fout, des Roms qu’on laisse crever parce que c’est des Roms... La Vie Sacrée, pour être crédible devrait être un peu plus éclectique !).

Qu’ils croient la volonté d’un ou de dieu(x), c’est toujours leur droit (là je rigole carrément).

Mais qu’ils croient avoir le droit d’imposer ce qu’ils croient à ceux qui n’y croient pas ou qui veulent faire autrement, c’est la révolte.

Ce n’est pas la croyance en la Vie, en dieu, à la Conception ou la Sainte Gamète Incarnée qui dicte ce qu’on veut ou peut faire ici bas. C’est le droit de chacun à disposer de soi.

Le droit de la Femme a disposer de son corps (j’aimerais bien qu’on vienne me greffer un truc dans le corps pour me dire ensuite que j’ai que le droit de fermer ma gueule sur le garder ou pas !), confronté au droit à cette FUTURE personne à disposer d’elle-même. Étant dans l’incapacité de demander son avis éclairé au fœtus, certains veulent partir du principe qu’il exige de vivre dès la conception. Dieu ou Saint Fœtus, quelqu’un dirait donc "il doit vivre" (oui, c’est moins grave quand c’est "elle", la preuve dans les pays avec politique du "1 enfant", on a d’un coup un surplus de garçons... ou une disparition de fœtus féminins...).

Mais il doit vivre à tout prix, à n’importe quel prix, quoi que cela impose à celle qui le porte ? C’est débile ! On arrache les mauvaises herbes du jardin, on écrase une araignée sans y penser et là on voudrait que ces quelques amas cellulaires qui n’ont jamais vraiment vécu (contrairement à la "mauvaise" herbe ou l’araignée) aient une valeur si spéciale qu’on s’interdirait d’y mettre fin ?!

Je ne vois pas de différence entre quelques cellules humaines, un dauphin, une abeille, une herbe, une araignée, sauf que les cellules humaines sont un potentiel futur humain virtuel alors que le dauphin, l’araignée et l’herbe sont bien vivants. Je ne vois pas de raison de protéger particulièrement ces quelques cellules en cours d’accroissement. Bien sûr, émotionnellement, c’est l’un de nos "petits" ou un "futur petit", avec toutes les projections mièvres et nunuches auxquelles nous avons (moi y compris) l’habitude de nous adonner.

Mais en quoi ces projections nous donneraient-elle le droit d’imposer à quelqu’un de porter 9 mois durant ce processus, de s’attacher à ce qui se déroule en elle, de ressentir les mouvements, les examens, les changements corporels, de dépasser les épreuves, la lourdeur, le corps qui fatigue, d’amener ces cellules à la vie pour ENSUITE devoir se les arracher ? On nous dit que l’abandon est plus humain que l’avortement, mais c’est une ignorance totale ce que c’est comme questions intimes d’avorter ou d’abandonner (et je prétends pas le savoir, je n’y suis pas passé !).

Ce que je prétends savoir, c’est que je ne peux pas savoir pour l’autre, pour la femme enceinte, s’il est mieux pour elle d’avorter ou d’abandonner. Je ne peux pas prétendre que deux cellules issues d’un viol aient moins de valeur que deux cellules issues d’une partie de jambe en l’air légère et consentante. Les deux gamètes n’y sont pour rien, et leur vie n’est pas meilleure dans un cas que dans l’autre. Et même... deux cellules handicapées ? deux cellules malades ? Qui peut savoir ce que la médecine pourra guérir dans 9 mois, dans 9 ans, ce que serait la vie de ces cellules condamnées ?

Je ne peux pas me référer à l’état, à l’identité, à l’origine des cellules pour décider de leur "droit". Je ne peux que me référer à ce que je crois possible d’imposer à quelqu’un capable de s’exprimer, de ressentir et de décider pour elle. La Femme concernée, quoi. La loi doit changer, pour laisser la femme décider.

Oui, certaines décideront à la légère d’euthanasier leurs cellules germées. Oui, et c’est regrettable. Oui, et cela nécessitera du travail collectif d’ouverture de la conscience pour éviter une indifférence trop légère, trop facile (le même travail que pour les abeilles, les dauphins, les araignées, les requins, les loups, les mauvaises herbes : l’humanité a encore beaucoup à apprendre, pas uniquement les jeunes filles naïves qui recourraient trop facilement à l’avortement).

Mais cela ne change rien : vive le droit libre à l’avortement ! Et vive l’accompagnement psychologique pour aider celles qui en ont besoin à surmonter cette épreuve...

Alors, pour soutenir l’initiative sur le référencement citoyen du site pour l’IVG, je vous redonne son adresse ici.

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