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Public  A Lisette, maman.

A bientôt, dans mes rêves...

samedi 15 avril 2017, lu 1173 fois

15/04/2017
Cérémonie civile de
Marie-Louise Céret
22/09/1941 - 10/04-2017












Albinoni, Adagio

Mesdames, Messieurs

Nous sommes réunis pour nous recueillir à la mémoire de Madame Marie-Louise CÉRET et témoigner notre sympathie à sa famille et à ses proches.

Chacun de nous est invité à vivre ces instants avec ce qu’il a dans le cœur et dans le respect des différences.

Vous êtes venus pour accompagner Lisette en ce dernier instant, que vous aimez et qui est partie. Il en va toujours ainsi avec ceux qu’on aime, on voudrait rester à leurs côtés pour toujours.

Comme il est difficile de trouver les mots qui peuvent être source de réconfort en de telles circonstances !

Les fleurs que vous avez déposées ici nous disent l’affection et le respect, elles nous parlent de beauté, d’amitié et de vie.

Lisette a quitté ceux qui l’aimaient, qui faisaient partie de sa vie et dont elle marqué l’existence.

Ensemble, souvenons-nous de ce qu’elle était et de ce qu’elle a représenté.

Lisette demeure présente dans les pensées de ceux et celles qui l’ont aimée et appréciée.

Daniel Martin Moore & Apollo Chorus, Hallelujah

Intervention 1 : Eric

Ma mère aimait sa maison, son espace, son calme, le ressourcement qu’elle y trouvait. Elle aimait ses fleurs, ses chats, ses paons et les visites surprises des hérissons ou des écureuils.

Ma mère aimait les fêtes. Oh, pas les sorties en boîte de nuit ou les beuveries. Elle était plutôt fêtes avec ses proches, les amis, la Famille, avec un F majuscule. Elle aimait faire une jolie table, calculer un repas, inviter, réunir. Elle aimait jouer, du Scrabble à la coinche en passant par les parties endiablées de Huit Américain, autour d’un café ou d’un gâteau. Elle a souffert, profondément, des brouilles familiales, de ne plus voir mes cousins, ceux qu’elle appelait « les neveux » et qu’au-delà du temps et de la distance, elle a toujours gardé dans son cœur.

Ma mère aimait et admirait son mari. Elle l’avait connu à peine adolescente, à la Maison des Jeunes de l’Île Verte. Elle pensait toujours qu’il aurait LA solution. Ah, sauf pour la paperasserie, ça, ça n’a jamais été le point fort de mon père. Bien sûr, elle le trouvait, par moment, un peu chiant. C’était son mot, quand elle était en colère : « qu’est-ce qu’il est chiant ! ». Mais même quand elle disait ça, l’amour n’était pas loin sous la colère. Ils avaient d’ailleurs une chanson à eux, que je vous laisse écouter…

Richard Anthony, J’entends siffler le train

Ma mère a adoré son métier d’instit, ses élèves et aussi ses vacances. Pendant quelques années, j’ai eu ses élèves en étude, le soir. A ses côtés, ils avaient appris à aimer apprendre, à tel point qu’une veille de vacances, ils ont refusé les jeux que je leur proposais, préférant travailler leur apprentissage de la lecture.

J’ai adoré ma mère, le lien que nous avions, nos discussions. Nous n’étions pas d’accord sur tout, loin s’en faut. Mais j’adorais nos échanges, ces moments privilégiés où nous parlions de politique, de jardinage, d’écologie, de nos envies, de nos espoirs, de nos tristesses, d’elle, de moi. Elle était attentive à moi, toujours, tellement, parfois même sans que je n’aie rien à dire, elle devinait. J’ai toujours eu la conviction profonde de pouvoir compter sur elle, sur mes parents, et c’était une source de réconfort dans les moments difficiles.

Ma mère est morte. Cette dernière année a été longue, lourde, angoissante, énergivore, pour moi mais aussi pour mon père et pour ma tante, Geo, qui ont été tellement présents à ses côtés. Elle laisse un vide immense, si grand que je n’arrive pas à en percevoir les contours, tous ces endroits où elle me manque. Après tant de victoires sur l’asthme, les cancers et les problèmes cardiaques, c’est un abruti de microbe qui a eu le dessus. Elle n’aimait pas être malade, même si elle a eu, sur ce plan, un lourd bagage à porter. A chaque nouvelle épreuve, elle me disait « je me demande bien ce que j’ai pu faire au Bon Dieu pour mériter ça ». Je ne crois pas au dieu des églises. Mais même sans dieu, chacun des atomes qui la constituaient va trouver un nouveau chemin dans l’univers. Maman, puisse ton nouveau chemin être fait de joie, d’amour et de lumière.

Edith Piaf, l’Hymne à l’Amour

Intervention 2 : Marc

Les atomes qui nous constituent proviennent de l’explosion des soleils passés. Ces atomes se sont formés pour s’agencer sous forme de molécules, de cellules, d’organismes, d’êtres vivants. Puis ces êtres ont évolué et nous voilà, nous, animaux humains, êtres sociaux, conscients de nous, des autres et du lien. Nous co-créons ensemble nos existences comme dans un grand métier à tisser.

Et nous voilà, à cet instant, amis, familles, proches, connaissances, chaîne et trame de ce tissage. Ensemble, en ce moment, nous pouvons sentir cette vie en nous et accueillir notre peine. Nous pouvons faire de la place aux souvenirs tristes ainsi qu’aux images joyeuses, à l’affection et à l’amour partagés.

L’amour était essentiel dans la vie de Lisette. Il y avait sa famille, il y avait sa sœur, il y avait les amis qu’elle avait choisis avec soin. Elle aimait particulièrement son mari qu’elle voyait comme un miracle pour elle, elle aimait beaucoup son fils unique, elle était très fière de lui et elle pouvait partager ses joies et ses peines.

C’est au travers d’Éric, ton fils, justement que je t’ai connue, Lisette, et que j’ai ré-appris à jouer à la belote avec votre famille, car tu aimais les jeux, le partage, l’intimité, les conversations vraies et profondes. Et j’adorais le fait que tu arrivais toujours à réinterroger les évidences et accueillir les différences.

Tu n’es plus là, mais tu as, au cours de ta vie, survécu à beaucoup d’embûches, de tuiles ! car en fait, la mort, tu l’as côtoyée souvent. Tu as été une survivante, car tu ne regardais pas la mort : tu décidais de regarder la vie ! Même à la fin, tu n’avais pas si peur de cette mort pour toi, mais tu te souciais de tes proches. Tu avais dit quand ton cœur avait fléchi : « Ben si je meurs, je meurs, c’est pour les autres que ça sera difficile... » Toujours avec cette habitude familiale de se soucier des autres.

Et maintenant, c’est terminé, on ne pourra plus t’entendre râler, rire, te soucier des autres, nous répondre « Ah ben c’est malin ! » Eric m’a dit, en parlant de toi, que tu avais les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Alors je pense que maintenant tu t’es transformée en papillon pour rejoindre ces étoiles et je suis sûr que tu as pris racine quelque part comme une des fleurs de ton jardin que tu aimais tellement...

Et je terminerai en citant “Le Petit Prince” : « Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile, c’est doux, la nuit, de regarder le ciel. Toutes les étoiles sont fleuries. »

Johann Sebastian Bach, Air

Ce temps de recueillement arrive à sa fin.

Je vous propose de rendre un dernier hommage à Lisette par un geste. Ce peut être s’incliner, poser la main sur le cercueil, déposer une fleur ou tout autre geste que vous inspirera votre cœur.

La famille tient à vous remercier de votre présence, des registres sont à votre disposition si vous souhaitez laisser un message.

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