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« Enfin, comme je ne pouvais cesser d’être ce que j’étais, il m’apparut que ma voie était celle du secret : je devais taire ce que j’étais et de l’autre monde ne jamais me mêler. »Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, 2006
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Public  Traverser ou réparer ?

Question soulevée en séance avec Valérie

mercredi 8 février 2006, lu 981 fois

A propos de ce qu’on peut faire d’une souffrance, Valérie disait qu’on pouvait la traverser. Dans ce mot, j’ai entendu : apprendre à vivre avec, éventuellement réduire la souffrance, mais sans l’éliminer vraiment.

Pour moi, l’objectif est la réparation : faire en sorte qu’une souffrance ancienne n’impacte plus le présent, qu’il n’y ait plus que le souvenir de la souffrance mais plus de souffrance actuelle.

Elle m’a cité un exemple de sa vie, un deuil à conduire. Pour "faire son deuil", elle avait choisi de le vivre symboliquement, à travers un puzzle de 1000 pièces qu’elle reconstituait peu à peu chaque soir, en se disant que lorsqu’elle aurait terminé le puzzle, son deuil serait aussi terminé (reconstruire une image pour se reconstruire elle ?), et que ça avait marché.

Oui, sauf qu’elle semblait encore assez touchée, comme s’il restait une souffrance bien actuelle quand repensait à ce deuil. Elle semblait avoir appris à "vivre avec" sans se laisser déborder, mais pas à "être bien avec", à ne pas ressentir de souffrance, à pouvoir y repenser sans douleur.

Je lui ai dit que mon but, c’était de réparer. De pouvoir repenser aux choses en sérénité, avec le souvenir que ça avait été douloureux, mais avec une quiétude présente.

Elle m’a dit qu’elle ne savait pas si c’était possible tout le temps.

Moi, je crois que oui. Que s’il reste de la souffrance, c’est qu’on n’a pas été assez loin. Ceci dit, toutes les souffrances n’ont pas nécessairement à être réparées. Par exemple, je peux imaginer que si je me suis senti humilié par des moqueries lors d’une activité exceptionnelle (du parapente ), et qu’on a dépassé la souffrance de l’humiliation sauf dans ce cas particulier, ça n’a pas beaucoup de sens de passer beaucoup d’énergie pour vivre bien un activité qu’on ne refera peut-être jamais.

Par contre, si la souffrance s’est étendue à d’autres domaines (j’ai peur des moqueries quand je fais une activité physique quelconque), il peut y avoir un vrai intérêt à aller au delà du "vivre avec". Bien sûr que je peux "vivre avec" cette peur, soit en évitant les situations qui réveillent cette peur, soit en serrant les dents lorsque je me trouve dans la situation. Mais est-ce une issue si satisfaisante que ça ?

J’ai la croyance qu’on peut faire mieux...

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