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מנא מנא תקל ופרסין (en Hébreu : mene, mene, tekel, upharsin)chapitre 5 du Livre de Daniel : Une mine, une mine, un shekel, et une demi-mine, que l'on comprend souvent comme : pesé, mesuré, divisé ce qui revient plus ou moins à 'évalué, trouvé insuffisant, rejeté', comme l'aurait été Belsatsar, qui mourut la nuit même et dont le royaume passa aux Mèdes.
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Import Public  Aller vers soi : comment ?

Bon, tout ne parle de comment aller vers soi, mais cet article offre quelques pistes qui m’ont aidé...

jeudi 16 février 2006, lu 1101 fois

Source

1 Le plus court chemin vers l’autre
I) Vie sociale

Tout ce qui est décrit sur la communication dans ces pages s’applique aussi bien à soi-même qu’aux autres.

Le sens de la vie se trouve certainement dans la capacité à rencontrer les autres et à se rencontrer soi-même dans une dimension profonde et respectueuse.

Notre capacité à rencontrer l’autre est liée à notre capacité à nous rencontrer nous-mêmes. Le plus court chemin vers l’autre est d’être en paix avec soi !

La rencontre entre les êtres et le partage de leurs différences est une des principales sources de croissance pour chacun. Si le sens de la générosité a mis l’accent sur le fait d’avoir de bons contacts avec autrui, il a malencontreusement éloigné du contact avec soi-même.

En effet, qu’en est il de la capacité à cette rencontre de soi avec soi ? Une grande méfiance s’est développée à ce sujet ! Sans doute, à juste titre, à cause de l’ego. L’ego pousse au nombrilisme et éloigne des autres.

Pourtant il faut distinguer l’affirmation de soi et l’ego.

II) Affirmation de soi et humilité

L’affirmation de soi est la capacité à exister sans crainte d’être vu et sans avoir besoin de se mettre en avant.

C’est être individualisé (et non individualiste)

L’humilité est impossible sans cette affirmation de soi. L’humilité est très différente de la négation de soi. C’est la capacité à une grande qualité de présence dans laquelle rien n’est exagéré ou clinquant. C’est une attitude délicate et respectueuse dans laquelle on n’a pas besoin de prouver qu’on existe. Cela génère du confort pour l’entourage.

L’affirmation de soi suppose qu’il n’y a plus négation de soi. L’affirmation de soi c’est quand il y a accueil de soi. Nous devrions développer cette capacité à se rencontrer soi-même et à s’accueillir.

Attention ! La maîtrise de soi, c’est le contraire ! La maîtrise, c’est considérer que "ce qu’on est" est insatisfaisant et vouloir le remplacer par quelque chose de mieux ! La maîtrise de soi n’est autre que de la négation de soi !

L’affirmation de soi c’est l’accueil de soi (par soi).

L’accueil de soi c’est l’accueil de celui que nous sommes et l’accueil de tous ceux que nous avons été... ainsi que l’accueil de ceux dont nous sommes issus.

III) L’ego et la personnalité

L’ego et la personnalité ne sont pas ce que nous sommes, mais ce que nous utilisons pour compenser notre manque d’affirmation de soi.

Ce sont des sortes de tuteurs compensant notre fragilité. Même dans sa version brillante, l’ego n’est pas chaleureux, il est clinquant. La personnalité, c’est une stratégie inconsciente dans laquelle nous jouons un personnage à défaut d’être soi. Au théâtre ou au cinéma, le personnage n’est pas l’acteur, ce n’est que ce qui est joué ! D’ailleurs l’étymologie "personna" (d’où sont tirés personne et personnalité) signifiait "masque de théâtre" en étrusque. Et "personne", signifie en même temps quelqu’un et pas quelqu’un !

Pour arriver à une affirmation de soi sans ego il est donc important de développer l’accueil de soi. c’est à dire une plus grande communication avec soi-même telle qu’elle est décrite dans les pages psychothérapie.

2 Communication avec soi-même

Tout ce qui est écrit dans ces pages sur la communication est applicable à soi-même. Mais comment faire pour se rencontrer quand toute notre culture nous a proposé de s’éviter ? N’avez-vous pas si souvent entendu : "ne t’écoute pas tant, domine toi, essaie de te dépasser !"
Pour se rencontrer, l’obstacle est la culpabilité et l’outil est le stress !

I) La culpabilité

La culpabilité, comme le mot l’indique, c’est quand on se coupe de soi car on ne s’aime pas. Cette rupture de soi avec soi, nous semble juste, car ce que nous avons été ou ce que nous avons fait est estimé comme étant mauvais. Mais en même temps, cette culpabilité nous ampute d’une base, en nous enlevant une part de soi.

Contrairement aux apparences, le fait d’être toléré ou pardonné ne résout rien car nous restons mauvais et amputé ! Cela peut sembler anodin car, au fond, cette part de soi ne semble pas si précieuse ! Nous avons été nuls... alors... quelle importance ?

Justement c’est là le problème. L’habitude est de juger plutôt que d’entendre. Nous n’exerçons pas ce talent qu’avec autrui. Nous sommes aussi habiles à le mettre en œuvre vis-à-vis de nous-mêmes.

Ce qui cloche en nous c’est le peu d’écoute et d’amour que nous nous accordons à nous-mêmes. Aller à la rencontre de soi pour comprendre ce qui s’est passé est plus important que développer la honte ou l’oubli de soi. Pour cela il faut un peu de sensibilité et un peu de confiance. Pour avoir cette confiance, il faut savoir que derrière ce qui a l’air d’une erreur, il se cache un projet inconscient... et que ce projet n’ a rien d’horrible !

II) La sensibilité

Être sensible aux processus de vie qui s’accomplissent en soi est fondamental. Ce qui dérange est souvent ce qui éclaire. C’est tout le sens de la Maïeusthésie et de la psychothérapie.

Être sensible c’est être lucide. C’est avoir de l’acuité et du discernement. Quand la sensibilité fait défaut, nous tombons dans la sensiblerie et l’émotivité. Si cette émotivité nous perturbe trop, nous tenterons alors de nous blinder pour y échapper... du même coup nous échappons aussi à la vie et c’est très insatisfaisant. Alors l’émotion revient, comme un signe précurseur d’une possible résurrection de la conscience. Si tout se passe bien la sensibilité revient.

La sensibilité c’est être lucide, l’émotivité c’est être aveuglé. L’émotivité est une phase intermédiaire entre l’anesthésie (blindage) et la sensibilité (acuité)

III) Le stress

Que n’a-t-on pas écrit sur le stress ? Remarquons simplement le sens du verbe "to stress" en anglais. Il signifie souligner, faire ressortir, mettre en évidence.

Ce sens me plait, car il décrit parfaitement ce qui se passe. Le stress apparaît quand nous avons été insuffisamment sensibles. Manque de sensibilité à ce ou ceux qui nous entourent ou bien manque de sensibilité à nous-mêmes.
Ce qui nous stresse, comme un lien hypertexte nous indique que là il y a quelque chose à approfondir. Il suffit de cliquer dessus. Souvent nous optons plutôt pour la fonction "effacer" !

Exemple : Ce monsieur qui, de façon tout à fait inacceptable, est violent avec sa compagne. Dans un travail thérapeutique il découvre qu’il essayait ainsi de se rapprocher de son père très violent et de comprendre les peurs de son enfance. Ceci accomplit, sa violence disparaît.

Nous sommes bien loin de la maîtrise de soi... car en fait il n’y a rien à maîtriser... il y a plutôt quelque chose à entendre, quelqu’un à rencontrer en soi : l’un de ceux qu’on a été ou l’un de ceux dont on est issu.

3 Saisir les opportunités
I) Quand l’inconfort se fait invitation

Comme nous venons de le voir pour le stress, ce qui gène est peut-être ce qui génère et même nous régénère ! La conscience peut s’ouvrir en toutes circonstances mais l’inconfort conduit à se poser des questions , et quand nous écoutons les réponses qui arrivent suite à ces questions, notre conscience s’ouvre.

Notre habituel défaut de sensibilité fait que seul les moments forts nous interrogent. Notre incapacité à goûter les saveurs de la vie nécessite une vie épicée pour en sentir le goût.

Développer de la sensibilité c’est être un gastronome de l’existence capable d’apprécier mille saveurs subtiles. C’est devenir capable de se poser des questions de façon spontanée (sans prise de tête) et d’écouter les réponses, même en situations simples. Ce ne doit pas être intellectuel. C’est sentir et vivre et non pas se torturer l’esprit.

II) La vie comme guide

Quand ça ne va pas, un psychothérapeute peut apporter une aide. En Thérapie maïeusthésique, le praticien remarquera ce que vous faites déjà, il en pointera l’importance et le rôle.
Il vous aidera ensuite à accomplir le projet qui se cachait derrière l’apparence. Par exemple lorsque j’ai reçu le monsieur qui était violent avec sa compagne, j’ai d’abord essayé de comprendre à quoi servait cette violence plutôt que de la combattre. Quand l’importance est apparue par rapport à son père je l’ai simplement aidé à accomplir le soin envers l’enfant qu’il était et à comprendre le père qu’il a eu (lui aussi a une histoire).

Dans cet exemple, pour cet homme violent, quand l’enfant et le père retrouvent leur place en lui, sa violence disparaît spontanément. Elle n’est pas guérie dans le sens ou ce n’était pas une pathologie, elle a simplement cessé d’être nécessaire pour accomplir la rencontre avec ces parts de lui-même et de ceux dont il est issu.

Ces parts manquantes sont poussées vers la conscience par une pulsion de vie nous portant à retrouver notre intégrité en dépit des multiples amputations passées. La pulsion de confort s’y oppose dans une réaction de survie immédiate provoquée par la douleur.

La pulsion de confort : Elle est consciente (lutte) et demande de l’énergie pour assurer la survie immédiate contre ce qui dérange. Cette pulsion de confort nous porte à lutter contre toutes les parts de nous-mêmes qui ont souffert et réclament notre attention.

La pulsion de vie : Elle est inconsciente (réhabilitation) et l’emporte toujours car elle s’exerce sans volonté ni énergie pour nous rapprocher des parts amputées de notre base.

Dans l’exemple ci-dessus, lutter contre cette violence était maladroit. Mais la laisser s’exprimer était bien sûr inacceptable vis à vis de son épouse.

Le problème n’est pas de savoir s’il est permis ou non d’être violent. Il est évident que son épouse doit être en sécurité et ne subir aucune maltraitance. Leur vie devra s’organiser avec sécurité autour de ce respect. Mais en même temps, ce qu’exprime sa violence devra être entendu et non combattu. C’est ce qui libèrera définitivement de cette violence.

Les passages à vide (déprime)

A force de lutter en vain (car on lutte plutôt que d’accueillir) il arrive du découragement. La déprime n’est pas loin. La vie comporte deux grands axes : l’intérêt et l’attention. L’intérêt c’est ce qu’on porte aux choses, l’attention c’est ce qu’on donne aux individus.

Nous avons d’un côté l’intérêt lié à l’énergie et au faire. De l’autre l’attention lié à la vie et à l’être.

Quand il y a plus de faire que d’être, les moments où l’énergie baisse sont douloureux. Il n’y a alors plus d’intérêt, mais il n’y a pas encore d’attention non plus. Il n’y a plus de l’un mais pas encore de l’autre. Le vide qui en résulte est douloureux. Il peut même l’être parfois jusqu’à vouloir mourir. Ce doit donc être pris très au sérieux.
Mais en même temps, il faut savoir que ce n’est que le passage d’un état à un autre. La vie et l’énergie sont différents. La vie c’est être alors que l’énergie c’est faire. Il faut des deux, mais la vie reste plus importante et l’emporte toujours.

Quand nous arrivons vers le milieu de notre vie, c’est cet enjeu qui est particulièrement à l’œuvre. D’où les fréquentes dépressions entre 40 et 50 ans. Ce passage vers la maturité se caractérise par un lâcher prise d’avec l’intérêt pour se tourner vers l’attention. Une conscience de la vie plus profonde se dessine. Mais les résistances s’opposent à cette naissance dont les enjeux sont mal compris et culturellement déformés.

Ce passage qui va de l’action et de l’émotion vers l’être et la sensibilité conduit à des vécus pleins de jouissance et non à des jours éteints. La jouissance y est plus grande car les vécus y sont vraiment vécus sans les résistances et blocages qui en entravent la dimension. Dans l’intérêt il n’y a que du plaisir alors que dans l’attention il y a de la jouissance.

4 S’offrir des moments de rencontre

Il est essentiel de s’offrir des moments de rencontre avec soi-même. Il est essentiel que celui que nous sommes aujourd’hui soit capable de rencontrer ceux que nous avons été jadis (et ce depuis notre enfance jusqu’à maintenant.

Que ce soit avec un thérapeute ou tout seul, ces moments sont privilégiés. Au calme, assis, couché, en promenade ou n’importe où, accepter les interpellations qui s’expriment en nous. Mettre du soin dans la réhabilitation de ce qui émerge.

Accueillir est important, mais il ne faut pas oublier qu’il est tout aussi important d’accueillir notre résistance à accueillir. Les résistances qui semblent souvent s’opposer à notre volonté ne font que nous montrer par où il faut passer pour aboutir à ce qui doit être considéré en premier. Les chemins les plus courts ne sont pas toujours les lignes droites ! Il faut suivre le balisage... et non le détruire.

Cette qualité d’être influencera favorablement la vie professionnelle, mais elle influencera tout autant la vie familiale. Les éléments de communication restent vrais dans toutes les circonstances de la vie.


Rôle des résistances

Il est habituel de parler de résistance quand le patient ne veut pas dire, ne veut pas reconnaître un problème ou un ressenti, ou ne veut pas visiter une part de sa vie. Le mot « résistance » porte une connotation très péjorative. Je dirai même qu’il est très dévalorisant pour le patient de considérer qu’il a « une résistance ».
Si un patient montre la moindre « résistance », c’est qu’il nous indique quelque chose de plus pertinent que ce que nous l’invitons à rechercher.

Ce qu’on appelle abusivement « résistance », n’est que l’indication d’un itinéraire plus juste. Comme sur un chemin de grande randonnée, la « résistance » n’est qu’un type particulier de marque indiquant qu’il faut changer de direction pour ne pas se perdre.

La « résistance » est une sorte de balisage, ou de déviation, pour ne pas s’égarer, pour éviter les « zones encore en chantier », pour passer là où c’est important, pour respecter les priorités d’exploration du « monde intérieur » du patient.

Par exemple une personne comprend que si son parent l’a fait souffrir c’est que ce parent avait lui-même des problèmes et des douleurs personnelles. Mais, même si la personne le comprend, elle peut néanmoins s’écrier aussitôt « ce n’est pas une raison pour m’avoir fait ce qu’il m’a fait ! ». Elle exprime ainsi qu’elle doit d’abord s’occuper de sa propre douleur à elle, avant d’envisager la moindre considération envers lui. En effet, si avant de faire cela elle comprend trop bien la douleur de son parent, elle n’aura plus le cœur d’évoquer sa propre souffrance (elle finira même peut être par se sentir coupable de l’avoir eue !) Quand elle refusait d’aller vers ce parent elle signifiait simplement qu’il fallait d’abord passer par elle. Ce n’était pas une résistance, mais l’indication du chemin juste.

L’inverse peut aussi se produire. Une personne peut « résister » à considérer la douleur de l’enfant qu’elle était pour garder la possibilité de comprendre la douleur de son parent car elle sait très bien (inconsciemment) que si elle prend d’abord la mesure de sa propre douleur (infligée par son parent), elle ne pourra plus jamais donner existence à ce parent (or elle a besoin que son parent existe).

Il arrive souvent qu’un patient oscille entre ces deux possibilités en alternant ses zones de "résistances" afin de réparer un peu d’un côté, puis un peu de l’autre pour progressivement parvenir à une réhabilitation plus juste et plus complète.

Une résistance ne se combat pas. Elle ne consiste même pas en un blocage provisoire. Elle est juste une indication du meilleur chemin possible. Il ne s’agit pas de la voir comme un mur ou un obstacle à vaincre, mais comme un panneau indicateur à respecter. La résistance nous indique le plus court chemin vers la raison.

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