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Public  Profils atypiques

Quelques mots des adultes à haut potentiel...

mercredi 5 juillet 2006, lu 12874 fois

Profils atypiques

site d’origine, trouvé par Marc

Surlignées en jaune, les parties qui me touchent, dans lesquelles je me reconnais...

Par profils atypiques, nous entendons tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, s’écartent de la "normalité", se sentent décalés, parfois "alien" ou extraterrestre ...

- Parfois, leur réussite est indéniable, mais la solitude en est le prix. Sans compter ce satané complexe d’imposture ...
- Ils ont tout pour être heureux, pourtant il leur manque toujours quelque chose,
- Ils auraient voulu réaliser de grandes choses, mais leurs origines, les études manquées, la chance, ..., les circonstances de la vie ne l’ont pas permis,
- Leur vie professionnelle est un échec, ils se trouvent nuls, un fardeau pour leur famille et la Société,
- L’incompréhension qui les entoure engendre des problèmes relationnels à l’école, en famille, au boulot,
- Le sentiment, parfois, de s’être trompé de monde les pousse dans des comportements autodestructeurs (alcool, drogue, troubles alimentaires, etc.)

Que ce soit par leurs talents sportifs, leur look, leur position sociale, leur créativité, leur intelligence, leurs comportements ou leur incapacité à se satisfaire d’une vie "normale", tous doivent assumer une forme de décalage et trouver une manière de vivre une vie pleine et intense.

Parfois perçus ou se percevant eux-mêmes comme névrotiques, certains cherchent dans la thérapie une explication à leur décalage ; pourtant, malgré les commentaires parfois désobligeants, ils sentent qu’ils ne sont pas malades, seulement différents ...

L’adulte à haut potentiel (HP)

On décrit généralement l’adulte HP (anciennement "surdoué") comme ayant "des aptitudes nettement supérieures à la moyenne dans un ou plusieurs domaines d’habileté" : intellectuel, créatif, artistique, sportif, manuel, etc.

Il est important de distinguer le potentiel, aptitude naturelle, mais pas nécessairement développée, du talent, habileté systématiquement développée dans au moins un domaine d’activité et mesurée par la "réussite", quel que soit le sens que vous lui donniez. On peut donc avoir un énorme potentiel et ... n’en avoir rien fait.

Loin de se focaliser sur la seule "intelligence" (si tant est qu’on arrive un jour à la définir), la notion de haut potentiel s’étend aujourd’hui à tous les domaines de la vie courante. Qu’ils soient étudiants ou déjà entrés dans la vie active, ceux qu’on appelait autrefois "surdoués" ou "précoces" et qui représentent environ 5% de la population, sont parfois confrontés à des choix dans lequels leur haut potentiel va jouer un rôle prépondérant. Orientation professionnelle, choix de (faire) carrière, changements de direction en cours de route, leurs parcours sont rarement simples et rectilignes.

Comment les reconnaître ?

Des études successives sur les notions de "haut potentiel" ont permis de mettre en lumière un certain nombre de caractéristiques, plus ou moins présentes, même si l’on ne peut pas parler de groupe homogène : chaque individu à haut potentiel est différent. Voyons donc ce qui les caractérise ...

Adultes HP : les caractéristiques

Les adultes à haut potentiel sont des "atypiques au carré ou au cube ". Plus que l’intelligence, difficile à définir, ce sont les caractéristiques suivantes qui les dépeignent le mieux :

- Hypersensibilité, extrêmement susceptible.
- Intensité - hyperstimulabilité (niveau de réaction plus élevé aux stimuli, être "plus " tout : plus rapide, plus agité, plus attachant, plus exigeant, plus généreux, plus impatient, ...)
- Hyperesthésie ou exacerbation des cinq sens (hyperréactif aux stimuli sensoriels)
- Curiosité exceptionnelle, questionnements sans limite.
- Imagination débordante, grande créativité, pensée divergente ("esprit tordu"), goût pour l’expérimentation.
- Petit, avait des "compagnons de jeu imaginaires". A eu des difficultés à trouver des semblables.
- Grande capacité d’observation, note les plus petits détails.
- Intérêts très variés, saute facilement d’un domaine à l’autre.
- Peut faire plusieurs choses en même temps (suivre deux conversations en parallèle, parler et écrire, rêver et pourtant écouter, ...)
- Recherche la compagnie de personnes plus agées.
- Capacité d’attention, persévérance : forte si l’intérêt y est ; faible, voire nulle, sinon.
- Grand sens de l’humour. Humour très particulier, souvent incompris.
- Rapidement frustré s’il ne trouve pas les personnes ou les ressources pour réaliser ses grandes idées.
- Grand sens de la justice, de l’équité, moralité. Intolérance à l’injustice, pour lui et pour les autres.
- Respect des règles bien comprises ("logiques"), mais tendance à questionner l’autorité non fondée.
- Idéalisme, altruisme, compassion.
- Grande capacité de raisonnement/résolution de problèmes.
- Rapidité d’apprentissage. Méthode d’apprentissage particulière, surtout en math et en lecture.
- A appris à lire seul très jeune. Lit ou a lu avidement.
- Vocabulaire extensif, meilleure compréhension des subtilités du langage.
- Excellente mémoire. Sait sans avoir appris ("science infuse")
- Bon en chiffres, puzzles, ...

Et surtout :

- Perfectionnisme, doublé d’une extrême lucidité, qui entraînent parfois le doute, la peur de l’échec.

"On ne peut pas se penser intelligent, quand on mesure ses propres faiblesses avec la lucidité aiguë du surdoué, qui ne lui permet aucun aveuglement."
Arielle Adda, dans Que sont les enfants doués devenus ?

Différent, le haut potentiel a souvent à faire face à des problématiques particulières.

Adultes HP : les problématiques

Atypiques à bien des égards, les adultes à haut potentiel font face à des problématiques particulières. La première d’entre elles étant d’être correctement identifiés comme adultes HP. Le sentiment de décalage induit par leur différence peut les amener à suspecter des troubles du comportement, ou les thérapeutes qu’ils consultent à diagnostiquer des pathologies, là où il ne s’agit que de comportements normaux pour des hauts potentiels.
Ceci étant posé, les problématiques classiques sont :

- L’hypersensibilité,
- L’hyperactivité et/ou le déficit d’attention,
- Le perfectionnisme,
- la confiance en soi,
- Le syndrome de l’imposteur,
- La (mauvaise) résistance à la frustration,
- l’imagination, la créativité, la pensée divergente,
- Le syndrome de Cassandre,
- La procrastination : tendance à différer, à remettre au lendemain,
- l’altruisme,
- L’obsession du contrôle, le lâcher-prise,
- Les comportements à risque,
- Paresse ou manque d’intérêt ?
- L’ennui : en classe, au boulot, en société ...
- Les changements de boulot, l’instabilité,
- Couple de HP ou couple "mixte",
- Les implicites, obstacles à la communication, la compréhension,
- Idéaliste, mais lucide, et ça ne fait pas toujours bon ménage ...
- Le sens de l’humour, un humour très particulier ...
- Le sens de la justice, l’intolérance à l’injustice,
- L’inhibition intellectuelle, le "complexe de l’albatros",
- La résilience : capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit de l’adversité.

Adultes HP : Que faire ?

Par sa connaissance des caractéristiques et des problématiques du haut potentiel, votre coach vous aidera à :

- Reconnaître, admettre et gérer votre haut potentiel.
- Expliquer, faire reconnaître votre haut potentiel par votre famille, vos amis, vos collègues ; obtenir leur soutien.
- Identifier, dans votre entourage, ceux qui partagent vos centres d’intérêt, vos passions, votre mode de fonctionnement.
- Développer une vocation, un but.
- Vous autoriser à changer, à croître, à être imparfait.
- Tirer avantage de vos particularités.
- Apprendre des techniques d’adaptation comme reconnaître et gérer le stress, apprendre à communiquer efficacement, apprendre à lâcher prise ...

Profils atypiques
L’hypersensible

L’hypersensible développe des attachements très forts aux personnes, aux lieux, aux choses et est souvent accusé de « sur-réagir » aux événements. L’intensité de ses émotions se reflète parfois dans son empathie, sa délicatesse, sa compassion, sa sensibilité, mais aussi dans sa susceptibilité, ses sautes d’humeur. Un film romantique, la vue d’un animal mort, une mauvaise nouvelle aux actualités peut le faire pleurer ; tout comme perdre à un jeu ou le sentiment d’être tenu à l’écart peut le faire exploser de rage.

Parfois considérée comme un fardeau, l’hypersensibilité, l’hyperémotivité résulte d’une plus grande réactivité aux stimuli émotionnels provenant de l’environnement, l’entourage. En apprenant à gérer ses émotions, on peut en faire un outil, un atout.

L’empathique

L’empathie se définit comme la capacité à ressentir l’état émotionnel de l’autre, à partager ce qu’il ressent.

Elle permet de communiquer de façon efficace en s’ajustant à l’autre. Mais, hypersensible, captant la moindre émotion de l’autre avec une grande acuité, parfois même avant que l’autre n’en soit conscient, l’empathique peut en souffrir ou réagir préventivement, sans que personne ne comprenne le sens de sa réaction.

Génératrice d’anxiété et d’effets pervers de toutes sortes, l’empathie peut aussi être un formidable outil de communication et de compréhension.

L’hyperactif

Toujours en activité, il veut tout savoir, tout connaître. Laisser les choses en l’état lui est insupportable. Spontané, créatif, enthousiaste, il est parfois impulsif. La tension qu’il génère en permanence autour de lui rend dingue son entourage. Ne serait-il pas hyperactif ?

L’hyperactivité est un trouble biologique médicalement reconnu (TDA/H, trouble du déficit d’attention avec hyperactivité). Mais certains individus sont simplement "très actifs". Eux-mêmes n’en souffrent pas. Simplement plus curieux, plus avides de découvrir la vie et ses richesses, ils encourent parfois un jugement négatif de ceux qui recherchent une vie paisible et voudraient bien les voir adopter un comportement plus "approprié".

Le distrait

L’ordre n’est pas son fort ; son bureau est sans dessus-dessous, une chatte n’y trouverait pas ses petits. Il semble incapable de rester concentré sur une tâche, encore moins de la finir. Ou, s’il l’a finie, il omet de le dire. Doux rêveur, il ne pourrait pas dire ce qu’il a mangé le midi, oublie ou perd fréquemment ses clés, son portefeuille, la liste des courses, ... Souffrirait-il d’un problème d’attention ?

Si le trouble du déficit d’attention (TDA) affecte un petit pourcentage de la population, certains distraits n’ont aucune difficulté à mobiliser leur attention quand la tâche les intéresse. Peu concernés par les "détails", ils refusent toute intervention intempestive, de peur de perdre le fil d’une pensée parfois capricieuse. Ceux qui doivent les supporter attendent souvent qu’ils redescendent sur terre ... ou s’énervent.

Le créatif

Si tout le monde admire le créatif qui trouve des solutions aux problèmes insolubles, on oublie souvent que la créativité implique d’être un peu "hors-normes" et de remettre souvent le status quo en question. Voir le monde différemment, imaginer d’autres manières de faire, emprunter les chemins de traverse, est parfois perçu comme de la bizarrerie, voire de la rébellion.

Accusés de vouloir bousculer les certitudes, le confort bien établi, les créatifs sont qualifiés d’"esprits tordus", de fauteurs de troubles, et autres expressions du genre. Penseur divergent, "visuel spatial" ou "cerveau droit", le créatif a souvent un fonctionnement un peu différent.

L’idéaliste

Là où d’autres voient ce qui est, l’idéaliste voit ce qui pourrait être, devrait être et s’efforce de faire correspondre la réalité à son idéal. En cela, c’est une attitude positive.

Mais lorsque l’idéaliste constate que sa vision du monde n’est pas partagée, que le monde est plein d’absurdités, d’inégalités ou d’hypocrisie, la déception est parfois grande. Désabusé, parfois cynique, perçu comme trop sensible, trop sérieux, pessimiste, voire déprimé, il a perdu des jobs parce qu’il était plus soucieux d’équité que de profit.

L’introverti

Un enfant qui a toujours un livre à la main, qui préfère jouer seul et dont l’endroit favori est le coin lecture, qui s’isole dans l’intimité de sa chambre dès qu’il rentre de l’école ; un adulte bavard et sociable dans un cercle d’amis limité, silencieux et renfermé s’il est amené à fréquenter un groupe plus important ; un adolescent qui a un seul et unique ami, vivant dans une autre ville ou un autre pays, mais pleinement satisfait de cette situation ; un individu qui assiste à une conférence et qui, ne pouvant soudain plus supporter une telle foule, se retire dans l’intimité de sa chambre d’hôtel pour se « recentrer » sur lui-même... Ce ne sont que quelques exemples de personnes introverties.

Les introvertis ne sont pas simplement timides, bien que beaucoup le soient certainement. Ni pathologie, ni réponse anormale au monde, l’introversion est simplement un trait de caractère qu’on retrouve chez un petit pourcentage de la population. Les introvertis sont très différents des extravertis et cette différence est très difficile à comprendre pour ceux qui ne fonctionnent pas sur le même mode et qui vont trop souvent essayer d’aider les introvertis à devenir plus sociables, plus conviviaux, plus enclins à sortir et à profiter d’activités plus tournées vers les autres.

Le perfectionniste

Le perfectionnisme n’est pas nécessairement aussi mauvais qu’on voudrait nous le faire croire ; c’est aussi ce qui nous pousse à l’excellence. Qui, aujourd’hui, peut se contenter d’être « aussi bon que les autres » ? Un sportif ne s’entraîne pas pour être « dans les premiers » ; un acteur ne s’efforce pas de retenir « l’essentiel de son texte » ...

Mais là où certains s’efforcent de bien faire et, conscients de leurs capacités, voient ce qu’ils ont accompli, le perfectionniste ne verra que « ce qui manque », ce qu’il aurait pu atteindre, le petit détail qui « aurait fait que tout soit parfait ». Le manque de confiance en soi qui peut en résulter peut même l’amener à ne pas tenter ... pour ne pas risquer d’échouer.

Il est difficile, pour le perfectionniste, de changer, car cela lui demande de faire ce qu’il essaie de ne pas faire : considérer qu’il n’est pas parfait. Pourtant, "pour être le meilleur, il suffit parfois que les autres soient moins bons." (Philippe Geluck)

Signes révélateurs :

- Vous ne pouvez arrêter de penser à une erreur que vous avez faite.
- Vous êtes très compétitif et ne pouvez tolérer de faire moins bien que d’autres.
- Vous voulez faire les choses très bien ou pas du tout.
- Vous demandez la perfection aux autres.
- Vous ne demandez pas d’aide si cette demande peut être perçue comme une lacune ou une faiblesse.
- Vous persistez à une tâche longtemps après que les autres aient quitté.
- Vous vous faites un devoir de corriger les gens quand ils se trompent.
- Vous êtes grandement conscient des demandes et des attentes des autres.
- Vous êtes très soucieux de ne pas faire de fautes devant des gens.
- Vous remarquez les erreurs partout.

Le procrastinateur

Aujourd’hui peut-être ... ou alors demain ou pourquoi remettre à demain ce qu’on peut faire ... après-demain.

Procrastination : tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l’exécution de quelque chose.

Habitué à réussir sans effort, souvent perfectionniste, le procrastinateur perd confiance dès qu’il fait face à une difficulté inattendue. En remettant à plus tard, en ne faisant rien ou faisant des choses sans conséquence, il justifie à l’avance un éventuel échec par le manque de temps nécessaire à la perfection.

Les causes en sont multiples : peur de l’échec ou de la réussite, peur de la solitude ou de l’isolement, peur d’être envahi, mais aussi parfois la paresse, jouer à se faire peur ...

Les remèdes : restauration de la confiance en soi et motivation.

Le chanceux

Naître chanceux, c’est parfois l’enfer ! Si vous êtes beau, on ne s’intéresse qu’à votre look. Si vous êtes riche, seul compte votre compte en banque. Si vous êtes brillant, on vous refuse les plaisirs simples, indignes de vous. Si vous êtes musicien, artiste, athlète ou poète, c’est la même histoire : difficile de rester les pieds sur terre quand ceux qui vous entourent vous flattent. Difficile de savoir qui vous êtes vraiment, ce que vous seriez devenu si vous étiez né sans les qualités qu’on vous prête.

Ce qui arrive trop facilement, ce qui est purement lié à la chance, peut entraîner des comportements d’auto-dénigrement ("Je ne le dois qu’à mon look", "Si je n’avais pas hérité des affaires de mon père"). Si vous ne vous y risquez pas, vous ne connaîtrez jamais la confiance, l’assurance que donne le certitude d’y être arrivé par ses seuls efforts.

L’intelligent

"Personne ne voit le vent ; ni vous ni moi. Mais quand les arbres courbent la tête, c’est le vent qui passe."

L’intelligence, c’est un peu la même chose : personne ne peut la définir avec précision, mais chacun peut en reconnaître les manifestations. Qu’on croie ou non à la validité du QI (quotient intellectuel) comme mesure de l’intelligence, certains ont des capacités intellectuelles hors-normes et parfois le vivent mal. Comprendre plus rapidement, voir la solution comme si elle sautait aux yeux, là où d’autres ne voient rien, percevoir ce que d’autres ne perçoivent pas, peut entraîner un décalage, une difficulté à fonctionner avec les autres et parfois une forme d’isolement.

L’imposteur

Vous avez plutôt bien réussi, on vante vos talents, vos compétences. Quand on vous confie une nouvelle tâche, vous l’acceptez en assurant que vous saurez relever le défi.

Pourtant, vous vivez avec l’impression constante de tromper les autres. "Ils" vont bien finir par se rendre compte que vous n’y connaissez rien, que vous êtes incapable, nul(le), qu’il vous manque des connaissances, que vous êtes "un bricolage sur du sable mouvant", qu’ils feraient mieux de prendre quelqu’un d’autre... . L’illusion ne peut forcément pas durer longtemps, ça va craquer, chaque jour est un peu de temps gagné, mais vous rapproche du jour où ça va se fissurer ...

Quand finalement vous relevez le défi, que vous y arrivez, que votre entourage vous complimente, vous êtes satisfait(e), bien sûr, mais ça ne dure qu’un temps, vous avez la sensation de vous enliser encore plus. Vous vous dites : "cette fois-ci, je les ai eus, mais je n’aurai pas autant de chance la prochaine fois". Vous cherchez dans des formations complémentaires une légitimité dans votre travail que vous ne vous reconnaissez pas. Vous vous sentez "bidon" ...

Fréquent chez ceux (et surtout celles) qui connaissent de grandes réussites, "le syndrome de l’imposteur les limite dans la hauteur de ce qu’ils peuvent atteindre." (Pr P.R. Clance)

Le visionnaire

La plus belle des filles de Priam, Cassandre fut aimée d’Apollon, qui lui accorda le don de prophétie. Mais lorsqu’elle repoussa son amour, le dieu la condamna à toujours prophétiser la vérité sans être crue. La première malheureuse prédiction concerne bien sûr la guerre de Troie et ses conséquences. Plus Cassandre voit les événements avec précision, moins on écoute les terribles choses qu’elle prédit. Ainsi vouée à rester seule, elle ne se mariera pas.

Le syndrome de Cassandre

Comme elle, que ce soit par des déductions logiques ou un "sixième sens", les Cassandres perçoivent les événements à venir et leurs conséquences, mais ne sont jamais crus. Ils s’épuisent à avertir leur entourage, se désolent de voir des individus entreprenants courir à leur perte, des êtres mal assortis décider de vivre ensemble, alors qu’eux-mêmes sont traités de jaloux, de pessimistes, de prétentieux ...

Le sous-performeur

Malgré d’évidentes capacités et alors qu’ils pourraient gérer la boutique, certains s’obstinent à sous-performer systématiquement, incapables de supporter une réunion inepte de plus, au grand désespoir de leur patron, collègues, amis, ...

Que leur attitude soit volontaire ou non, cette pression continuelle peut les amener à se demander ce qui ne va pas chez eux pour qu’ils soient incapables, comme d’autres, de se ressaisir et de donner le meilleur d’eux-mêmes. Partagés entre la volonté de fournir l’effort demandé et l’envie de tout envoyer balader, ils sont perpétuellement "entre deux" et voient leur insatisfaction (et celle de leur entourage) grandir ...

L’extraterrestre

« Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu’un épouvantable doute m’étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs ? » (Pierre Desproges)

L’extraterrestre peine à trouver des semblables, des amis ou même un conjoint compatible, qui puissent partager ses centres d’intérêt, sa vision du monde. Malgré ses efforts pour aller vers les autres, ceux-ci lui renvoient une image d’étrangeté, de non appartenance, qui le perturbe. Parfois même, il a l’impression d’être transparent.

Pourtant, autour de lui, d’autres n’ont pas ce problème ; les groupes, les couples se forment ; ce doit donc venir de lui. Mais quel est donc ce mal qui le ronge, qui l’empêche de faire partie du groupe, de la famille ?

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