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« C’est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu’on réalise qu’on ne peut pas régler tous les problèmes par la violence... »Proverbe chinois (?)
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Public  La notion de limite

Arielle Adda
Le guide de l’enfant doué

mercredi 27 septembre 2006, lu 317 fois

[...]

A cet âge, et surtout avec le caractère passionné et absolu des enfants doués, un échec peut être vécu comme un arrêt irrémédiable du développement intellectuel. Ils pensent que, pour eux, il y aura des domaines vides, creux, qu’ils ne pourront combler, et toute l’adresse dont ils sont capables ne servira qu’à dissimuler le plus efficacement possible ces failles gravissimes : leur intelligence était comme une lueur qui s’est brusquement éteinte, ils vont désormais se retrouver dans les ténèbres et s’y perdre, en proie à une angoisse impossible à maîtriser, celle du rêveur qui se voit basculer dans un vide insondable.

Si les réactions de tristesse et de deuil ne sont pas identifiées comme telles ou si la cause en est mal comprise, ce sentiment de limitation va être profondément intériorisé, et donc presque oublié, mais il conservera sa nocivité.

On dira de Victoire qu’elle est facilement susceptible, quand elle réagit trop violemment aux remarques, on estimera qu’elle se décourage rapidement, qu’elle manque de confiance en elle, comme quantité d’élèves, surtout quand ils abordent un domaine nouveau, on jugera pourtant qu’elle compte sur sa facilité - car elle possède d’incontestables facilités, qui rendent les efforts inutiles.

Et puis, un jour, c’est la catastrophe : Victoire va accumuler les mauvaises notes, rater un contrôle, négliger les maths, par exemple, elle qui les aimait tant, ou bien confondre les règles de grammaire qu’elle maîtrisait avec tant d’aisance ; elle va donner l’impression de se laisser couler, comme si elle se sabotait colotnairement, ou, du moins, avec une résignation suspecte.

En fait, elle s’est retrouvée dans une situation semblable à celle qu’elle avait connue lorsqu’elle était en maternelle : un professeur lui aura fait une remarque particulièrement critique, qui l’aura touchée d’autant plus profondément qu’elle a déjà vécu un tel problème, même si elle n’en garde aucun souvenir conscient. Comme dans les cas des allergies, la deuxième attaque se révèle beaucoup plus grave que la première, puisqu’elle agit sur un terrain déjà affaibli : Victoire est absolument convaincue qu’elle a atteint son maximem et qu’elle va désormais plafonner, sans rémission. Si elle parvient à plonger en elle-même avec ludicité et objectivité, elle découvrira qu’elle a toujours eu, au fond d’elle-même, l’idée obscure et vague qu’elle se heurterait un jour à cette borne impossible à dépasser. Elle vivait dans l’angoisse de cette échéance, même si elle s’appliquait à l’oublier. C’était une idée de sursis, qui imprégnait toute sa façon de vivre, comme cela se produit chez celui qui se sait atteint d’une maladie grage, mais encore muette, dont on ignore quand elle se déclarera.

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